Troubles développementaux et des apprentissages

Le neuropsychologue contribue au diagnostic des troubles des apprentissages. Les troubles spécifiques des apprentissages désignent les symptômes résultant de troubles cognitifs qui s’extériorisent principalement à l’école : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysgraphie. On y ajoute traditionnellement les troubles spécifiques du langage (dysphasie) et moteur (dyspraxie) bien qu’il ne s’agisse pas d’un apprentissage au sens strict mais plutôt d’une acquisition. Il existe par ailleurs d’autres troubles comme le TDAH, la dysorthographie, les troubles visuo-practo-spatiaux, les troubles gnosiques, les troubles de la mémoire… Comprendre de handicap de l’enfant permet d’éviter les situations d’échec scolaire.
Le neuropsychologue peut également être sollicité pour contribuer au diagnostic et la prise en charge d’une déficience intellectuelle ou d’un trouble du spectre autistique.

  • La dysphasie

La dysphasie est un trouble sévère du langage oral qui entrave précocement l’expression et la communication de l’enfant avec son entourage. C’est un trouble structurel permanent. L’enfant ne parle pas, parle peu, parle mal ou comprend mal les consignes. Il existe différents types de dysphasie qui touchent soit la compréhension, soit l’expression, soit les deux. En tant que neuropsychologue, il n’est ni de propos, ni de compétence (compétence que nous reconnaissons aux orthophonistes) de classifier et de distinguer les types de dysphasie. Cependant, des troubles y sont associés tels que : trouble de la perception auditive, trouble de la généralisation, trouble de la mémoire, difficultés praxiques… Et le neuropsychologue y trouve toute sa place dans sa prise en charge (en parallèle avec l’orthophoniste).

  • La dyslexie

La dyslexie est une difficulté durable d’apprentissage de la lecture et d’acquisition de son automatisme. On parle de dyslexie lorsque l’enfant présente un retard de deux ans dans ses apprentissages en lecture/écriture. Le diagnostic des troubles langagiers nécessite un bilan neuropsychologique et orthophonique : ils sont complémentaires.

  • La dyscalculie et les troubles du raisonnement logique

Les difficultés portent sur le raisonnement logique (classification, sériation, inclusion…) et la construction du nombre, les mises en relation. Au delà de difficultés en mathématiques, ces troubles peuvent avoir des conséquences sur la compréhension de consignes, les mécanismes de lecture, les relations temporelles.

  • La dyspraxie

La dyspraxie développementale est un trouble de l’acquisition des praxies. Les praxies sont des mouvements, des gestes qui résultent d’un apprentissage conduisant à leur automatisation. L’enfant dyspraxique est maladroit, désorganisé. Il présente une lenteur dans l’exécution de ses gestes et présente un retard dans l’acquisition des habiletés motrices globales (marcher, sauter, faire du vélo…) et fines (dessin, écriture, construction…). Il présente également des difficultés de repérage droite/gauche et un retard dans l’acquisition de comportements autonomes dans la vie quotidienne (toilette, repas, habillage…).

  • Le TDAH

Un enfant atteint d’un TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) présente des manifestation d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité.
Dans le domaine de l’hyperactivité, l’enfant présente une activité motrice excessive et sans but. Il est souvent incapable de rester calme même sur demande et peut parler fort en dehors de tout contexte.
Dans le domaine de l’impulsivité, l’enfant peut présenter les manifestations suivantes : ne réfléchit pas avant d’agir, conduites à risque envers lui et autrui, intervention intempestive, précipitation pour répondre aux questions, incapacité à différer les demandes.
Enfin, dans le domaine de l’inattention, les signes sont les suivants : enfant qui parait absent, passage d’une activité à l’autre, difficulté à suivre les consignes, pas d’attention aux détails, difficulté de concentration, distractibilité à l’environnement, difficulté pour gérer le temps.
Le TDAH est évalué à l’aide d’épreuves attentionnelles et de questionnaires. L’évaluation neuropsychologique est utile pour aider les parents ainsi que les intervenants œuvrant dans le milieu scolaire.

  • La déficience intellectuelle

Le fonctionnement intellectuel est défini par le quotient intellectuel (QI ou équivalent) évalué à l’aide d’un ou plusieurs tests standardisés d’intelligence générale passés de façon individuelle. Le DSM-IV définit le retard intellectuel par un quotient inférieur à 70. Toutefois, pour recevoir un tel diagnostic, la personne doit toujours aussi présenter des altérations symptomatiques du fonctionnement adaptatif. Ce dernier se réfère à la façon dont l’enfant fait face aux exigences de la vie quotidienne et à sa capacité de répondre de manière autonome aux normes de la vie en société dans le contexte où il évolue.

  • Les troubles du spectre autistique

Les enfants souffrant de troubles du spectre de l’autisme peuvent présenter des anomalies développementales précoces : incapacité à développer des relations avec les autres, retard d’acquisition du langage, utilisation non fonctionnelle du langage, activités de jeux répétitives, besoin d’immuabilité de l’environnement, manque d’imagination.
Leur diagnostic est difficile du fait de la variabilité clinique. On distingue plusieurs sous-types à l’intérieur du spectre autistique, dont l’autisme de bas et de haut niveau (syndrome d’Asperger). L’évaluation neuropsychologique contribue au diagnostic et permet surtout d’établir un profil développemental de l’enfant afin de mieux définir un suivi rééducatif adapté.