La surdouance

  • La précocité intellectuelle chez l’enfant

La précocité intellectuelle se définit par rapport au quotient intellectuel. On parlera de précocité intellectuelle lorsque le QI est supérieur ou égal à 130. Les enfants intellectuellement précoces présentent souvent des dyssynchronies c’est-à-dire que les différentes fonctions cognitives ou émotionnelles ne se développent pas toutes de la même façon et à la même vitesse. Ainsi, un enfant qui aura un très bon vocabulaire pourra, par exemple, être très mauvais pour tout ce qui touche au dessin sans que cela ne soit une dyspraxie développementale. Cela est dû au fait que sa motricité fine ne s’est pas développée comme son langage certainement par manque d’expérience, l’enfant ayant « mis » tout son potentiel dans le développement de ces capacités langagières. Ces dyssynchronies pourront parfois nécessiter l’intervention d’un rééducateur.

Voici quelques exemples de comportements qui se retrouvent fréquemment chez les enfants précoces :
– enfant qui s’ennuie à l’école ou qui est en échec
– enfant qui comprend vite et qui intègre vite les enseignements
– enfant qui se passionne pour des domaines scientifiques, historiques…
– enfant qui se pose des questions existentielles
– enfant qui peut être très sensible

Dans ces cas, un bilan neuropsychologique permettra d’objectiver l’existence d’une précocité intellectuelle, d’établir un profil cognitif et ainsi envisager une prise en charge et/ou  des aménagements pédagogiques adaptés (si nécessaire).

  • La surdouance chez l’adulte

Chez les adultes, voici quelques caractéristiques de la surdouance. C’est une liste non exhaustive et toutes ne sont pas forcément présentes :

– se questionnent sans cesse, ne sont jamais satisfaits, très exigeants pour eux-mêmes et pour leur entourage
– ont une grande mémoire
– ont une grande sensibilité, une grande compréhension des autres, de la compassion, ou au contraire, paraissent froids et distants
– ont un caractère entier, pas de demi-mesure.
– sont passionnés
– présentent une grande curiosité, parfois dans des domaines étonnants
– peuvent se concentrer sur quelque chose avec une ténacité hors du commun jusqu’à obtenir ce à quoi ils croient intensément. La persévérance est une des grandes caractéristiques de ces adultes :  ils sont sur motivés dans un projet s’ils sont sûrs d’avoir la bonne idée
– développent une hyperesthésie (très réactifs au niveau des cinq sens, que ce soit l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat et le goût)
– ce sont de très grands lecteurs, un ou plusieurs livres par semaine, ce qui les rend très cultivés. Ils ou elles ont parfois appris à lire très jeunes, avant le CP
– aiment apprendre les langues étrangères et les apprennent facilement
– ont une grande imagination, une grande capacité de travail et de raisonnement
– ne tolèrent  pas l’injustice, pour eux et pour les autres
– s’adaptent rapidement dans le monde professionnel, mais s’y ennuient rapidement. En conséquence ils changent souvent de travail, d’où une certaine instabilité et insatisfaction permanente
– ont souvent de bonnes intuitions mais en même temps peuvent douter de tout et surtout d’eux-mêmes, car ils ont une grande lucidité sur tout

Loin de se limiter à des performances intellectuelles élevées, le surdon est aussi exacerbation des sens et des émotions, et en cela vecteur de difficultés sociales et personnelles, que la méconnaissance globale du phénomène renforce.
Un bilan neuropsychologique, au delà d’objectiver la présence d’une surdouance chez un adulte, permettra à ce dernier de mieux comprendre son fonctionnement cognitif ainsi que les dificultés qu’il a pu et peut rencontrer.